Rencontre avec l’équipe du covoiturage de Tisseo

l'équipe du covoiturage de Tisseo

Dans notre quête du covoiturage quotidien, nous avons voulu rencontrer les acteurs de la région toulousaine pour échanger avec eux sur les leviers et les blocages qu’ils vivent au quotidien depuis maintenant plus de dix ans. D’autant plus que depuis quelques jours, Coovia a conclu un partenariat avec Tisséo sur l’expérimentation de 16 points de covoiturage aux arrêts de Bus sur une zone « pilote ». Ces points de rencontre ont pour vocation de faciliter la mise en relation des covoitureurs sur le terrain en évitant au conducteur d’attendre sur des emplacements gênant et en aidant les passagers à trouver facilement et rapidement leur conducteur.

Marie-Régine Bardoux, qui coordonne le service de covoiturage de Tisséo, depuis la Maison de la Mobilité de Labège, a bien voulu répondre à nos questions.

Quelle est l’histoire de la genèse du service de covoiturage de Tisséo ?

Tout débute en 2003 avec l’association Covoituval qui officie au départ sur le territoire du Sicoval, avec le soutien de nombreux partenaires, dont Tisséo-SMTC, l’Ademe et la Région. En 2006 le Sicoval crée la Maison de la Mobilité de Labège et en confie l’animation et la gestion à l’association Covoituval qui commence alors à se spécialiser dans le covoiturage domicile-travail dans l’ensemble de l’agglomération toulousaine en partenariat avec Tisséo. En 2008, Covoituval est repris par Tisséo et devient le service de covoiturage de Tisséo.

Comment fonctionne Tisseo Covoiturage ?

Tisséo-SMTC a déjà signé plus de 70 conventions de covoiturage avec des entreprises de l’agglomération. Les salariés de ces entreprises peuvent ainsi s’inscrire sur la plateforme Internet pour y trouver un équipier de covoiturage mais aussi bénéficier de services complémentaires comme la Garantie Retour.

La plateforme est également ouverte gratuitement à tous : Covoiturage-Tisseo 

Nous estimons qu’il ne suffit pas d’avoir un outil, il faut l’accompagner.

Chez Tisseo, les covoitureurs sont accompagnés par des « conseillers mobilité ». Ils sont 4 avec Marie-Régine, Alban, Didier et Michèle.

Les conseillers sont là pour aider les covoitureurs Tisseo dans la recherche de leurs covoiturages quotidiens. En effet, il existe un grand nombre de paramètres pour identifier le bon covoitureur : itinéraires, horaires, point de départ, point d’arrivée,les  jours comme conducteur ou encore les jours comme passager …

Parfois l’outil de covoiturage va laisser de côté une solution pertinente à cause de l’effet de bord lié à des critères de recherche, le conseiller peut identifier cette solution pour la proposer directement à l’utilisateur.

Quels sont les freins que le service de covoiturage de Tisséo a identifié sur l’utilisation du covoiturage quotidien ?

La rocade de Toulouse ne favorise pas l’utilisation du covoiturage car pour créer des jonctions d’itinéraire il faut souvent en sortir et y revenir pour aller chercher un covoitureur ce qui peut représenter beaucoup de temps aux heures de pointe avec un périphérique saturé de voitures. Du coup certains covoiturages ne se font pas par peur du temps lié au detour.

Les parkings réservés au covoiturage manquent encore. Le département du Tarn a réalisé des aires de covoiturage aux abords des échangeurs de l’autoroute Albi-Toulouse.  De tels équipements n’existent pas dans les autres départements et les covoitureurs qui laissent leur véhicule sur des emplacements non autorisés sont verbalisés.

Un autre frein important est la crainte d’être prisonnier des horaires de son covoitureur. En gros, la personne ne sait pas exactement à quelle heure elle termine et si elle doit partir avant ou après l’horaire  prévu, elle a peur de se retrouver bloquée à attendre. On lui propose généralement d’essayer le covoiturage sur un jour précis de la semaine : celui où elle a le moins de contraintes personnelles.

Concernant les leviers, Quels sont ceux qui vous paraissent les plus puissants pour l’adoption du covoiturage quotidien?

Le premier levier est incontestablement économique. Les gens covoiturent pour réduire leurs dépenses de trajet. Cette tendance est d’ailleurs d’autant plus forte que le trajet et long et donc les économies importantes. Aujourd’hui la distance moyenne parcourue chaque jour par les utilisateurs du service de covoiturage de Tisséo est de 20 km.

Beaucoup de gens se mettent à covoiturer également parce qu’ils sont fatigués de conduire tous les jours. Les embouteillages épuisent les conducteurs physiquement et nerveusement.

Il existe ensuite des incitations par les employeurs comme c’est le cas chez Motorolla ou à la CAF qui réserve des places de parking à ses salariés covoitureurs. Le CNES propose quant à lui une prime pour les salariés covoitureurs ou cyclistes.

Un outils puissant qui pourrait inciter les gens à covoiturer serait d’allouer des voies de covoiturage pour permettre aux covoitureurs de gagner du temps sur leur parcours. Il reste à savoir comment cela pourrait s’appliquer sur Toulouse sachant qu’aux USA là où ce type de voie réservées sont très répandues, il a fallu installer des dispositifs de contrôle complexes.

Comment voyez-vous la suite pour le covoiturage quotidien sur Toulouse ?

Aujourd’hui les utilisateurs du service de covoiturage de Tisséo ont plutôt entre 35 et 60 ans. Au fur et à mesure la société évolue et les usages changent. De nouvelles possibilités s’ouvrent grâce à la technologie. Le covoiturage a de beaux jours devant lui.

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *