Prix à la pompe : Le covoiturage quotidien reste-t-il intéressant ?

Malgré la relative baisse du prix à la pompe, le covoiturage reste une excellente alternative pour se déplacer. Non seulement ce mode de transport est une solution économique et écologique, mais permet aussi de créer des liens sociaux tout en économisant!

 

Faire des économies en covoiturant

Le prix d’un covoiturage est indexé sur le barème kilométrique fixé par l’administration fiscale pour l’année. Quel que soit le prix à la pompe, un conducteur pourra donc faire les mêmes économies tout au long de l’année.

Faire vos courses, emmener vos enfants à l’école, vous offrir une petite sortie en fin de semaine, aller au travail ou encore aller étudier… c’est sur ces trajets journaliers que vous pouvez faire de substantielles économies en optant pour le covoiturage. Vous effectuez alors vos trajets avec plusieurs personnes pour en partager les frais et ainsi rendre les déplacements plus faciles et beaucoup plus pratiques.

En moyenne, covoiturer au quotidien permet d’économiser sur ses trajets domicile-travail un demi-mois de salaire par an !

 

Rationaliser son trajet

Vous avez l’habitude de recourir à plusieurs moyens de transport différents ? Prendre le bus, le métro, marcher puis prendre le tramway afin de rejoindre votre lieu de travail… le covoiturage quotidien vous permet d’échapper aux problèmes des transports en commun bondé, mais aussi réduire la durée de votre trajet. Si vous avez déjà passé un séjour aux États-Unis, vous pouvez vite imaginer le problème surtout dans les grandes villes comme New York.

 

Réduire les embouteillages

En choisissant de voyager à plusieurs et non en solitaire, vous contribuez à réduire le nombre de véhicules roulant sur les routes. Et d’après certaines études, cela permettrait également de réduire les embouteillages rencontrés chaque jour dès le matin, lors d’un rendez-vous, ou sur le chemin du retour au domicile.

 

Agir pour l’environnement

Partager une voiture avec plusieurs personnes contribue énormément à lutter contre la pollution et ainsi ralentir le changement climatique. Moins de voitures sur les routes, donc moins d’émissions de gaz polluants, moins d’allergies et de maladies respiratoires… autant de raisons d’adopter le covoiturage tous les jours.
covoiturer au quotidien est un pratique écologique et conviviale

 

Créer des liens au quotidien

La convivialité ! Bon nombre de ceux qui se sont mis au covoiturage ont tout simplement aimé l’ambiance qui règne à bord. En effet, non seulement en voyageant à plusieurs les trajets semblent plus courts et moins fatigants, mais vous pourrez aussi rencontrer de nouvelles personnes et peut-être partager des passions en commun.

De plus, le covoiturage est un véritable signe de solidarité. Il permet par exemple de venir en aide à un collègue ou une connaissance rencontrant des difficultés pour se déplacer sur ses trajets domicile-travail.

 

Uber Pop est-il un service de covoiturage ?

Qu’est-ce qu’Uber ?

La classification d’Uber Pop comme « service de covoiturage » agite depuis quelque temps l’écosystème du transport et en particulier la caste des Taxis. Uber regroupe deux types d’activité : Uber VTC ( Véhicule de Tourisme avec Chauffeur) et Uber Pop qui est le service Uber rendu par des particuliers.

L’enjeu est de taille aux yeux de la loi : si Uber Pop est bien un service de covoiturage, il n’y a pas de concurrence avec les taxis, s’il n’est pas du covoiturage alors il s’agit de concurrence déloyale envers les taxis.

La définition encyclopédique du covoiturage

Pour commencer il paraît intéressant de définir plus précisément le terme de covoiturage qui est la clef de voûte du débat. Le Larousse nous apporte une définition intéressante du terme « covoiturage » :

covoiturage n.m. : Utilisation d’une même voiture particulière par plusieurs personnes effectuant le même trajet, afin d’alléger le trafic routier et de partager les frais de transport.

Regardons tout d’abord le fait que plusieurs personnes effectuent le même trajet. Sur Uber, vous effectuez un trajet et le conducteur adapte son trajet pour vous. Le conducteur Uber n’avait en fait  pas de trajet défini et attendait une demande. Il ne peut donc pas partager son trajet car il n’en a pas.

Ensuite, regardons l’aspect allègement du trafic routier. Le conducteur Uber va utiliser son véhicule pour vous transporter sur votre trajet. Autant il est vrai que cela ne rajoutera pas de véhicule en circulation par rapport au cas où vous auriez pris votre voiture, autant cela ne réduira pas non plus le nombre de véhicules en circulation. Au contraire, si vous aviez envisagé un transport en commun classique intégrant le covoiturage, il aurait été possible d’utiliser des véhicules déjà en circulation et donc d’alléger le trafic routier.

Je souhaiterai néanmoins apporter une petite nuance sur l’utilisation des véhicules par Uber dans le sens où le service Uber Pop permet néanmoins de prendre 2 passagers par trajet.

Enfin nous devons considérer l’aspect partage des frais de transport. En utilisant le service d’Uber, vous n’allez pas partager les frais avec le conducteur. Vous allez payer votre conducteur pour le service qu’il vous a rendu en vous véhiculant sur votre trajet. Ce serait d’ailleurs assez cocasse que les passagers d’Uber demandent à leur conducteur de partager les frais de la course. Et oui, si c’est du covoiturage, alors on partage ! Faites l’expérience et mettez un petit commentaires en bas de l’article, je serais très intéressé de connaitre leur réaction.

Plus sérieusement, les frais ne sont pas partagés parce que vous payez non seulement l’intégralité des frais du véhicule mais également le salaire de votre chauffeur plus une commission pour Uber de 25% en moyenne.

Concrètement Uber ne satisfait aucun des éléments de la définition Larousse du covoiturage. Si le service Uber Pop est du covoiturage alors le taxi est également du covoiturage. C’est sans doute pourquoi les taxis lui font la guerre.

Que dit la justice concernant le covoiturage?

Uber a tout simplement été interdit d’exercer en Espagne, en Corée du Sud, à Taiwan, et à New Delhi  en Inde. Uber Pop a quant à lui été interdit aux pays-bas et en France car il ne s’agit pas de covoiturage et donc il tombe sous le coup de la réglementation des VTC. La jurisprudence Française indique que pour qu’une activité de transport relève du covoiturage le conducteur ne doit pas réaliser un détour de plus de 10% en distance par rapport à son parcours initial et l’échange d’argent entre passagers et conducteurs doit être limité au montant de l’indemnité kilométrique fiscale divisée par le nombre de personnes à bord du véhicule.

Pourquoi autant d’interdictions alors que le service Uber est innovant et créateur d’emplois ? Tout simplement parce qu’il bouscule le temple des professions réglementées. Comment expliquer à un conducteur de taxi qui a acheté une plaque pour exercer à 200 000 euros  qu’aujourd’hui n’importe qui peut faire à peu près la même chose pour 0 euros avec Uber Pop? C’est une forme d’injustice dont les taxis font les frais. En revanche cela ne veut pas dire qu’il faut stopper l’innovation parce qu’elle crée une redistribution des cartes. Pour contourner cette fronde de la justice, Uber fait tout ce qui est en son pouvoir pour déguiser son service de VTC de particuliers en « covoiturage » .

En Bref

Uber Pop est autant un service de covoiturage qu’une tartiflette est un plat diététique. Il s’agit pour autant d’un service innovant qui chamboule les certitudes des acteurs en place et permet justement au covoiturage urbain et quotidien d’être sur le devant de la scène. Quand on voit les tendances d’adoption du service Uber avec une ouverture de ville par semaine et le doublement de son nombre de transactions tous les 6 mois, il y aura inéluctablement un développement et un rééquilibrage de la flotte de véhicules de taxi vers la flotte de VTC. Cela ne signifie pas pour autant que les VTC vont se mettre à faire du covoiturage et cela ne résoudra pas les problèmes de congestion que peuvent expérimenter les grandes métropoles mondiales mais cela apportera de la valeur à ses utilisateurs pour des trajets ponctuels, laissant le vrai covoiturage s’adresser aux trajets quotidiens.